Pour une entreprise, détenir du stock sur les articles vendus est important. Cependant, avoir trop de stocks n’est pas la solution pour assurer la pérennité d’une activité. En effet, le stock en surplus implique de devoir le ranger dans un entrepôt. S’il y a un surstock, cela va impacter directement le pilotage de ce dernier. Nous savons que la gestion du stock représente un enjeu de taille pour l’entreprise et pour les clients, alors pour vous aider à optimiser sans surstocker, nous vous donnons quelques conseils.
Stock supplémentaire : définition et explications
Avant de vous attaquer à ce problème logistique, il est important de comprendre en quoi consiste un surstockage et les actions qui peuvent être à l’origine de ce souci.
Qu’est-ce qu’un stock supplémentaire ?
Le stock supplémentaire, aussi appelé stock excédentaire ou surstockage, représente l’excès de stock d’une entreprise. C’est le stock qui ne fera pas partie des ventes de l’organisation dans certains cas. Ainsi, on les associe souvent à des pertes.
Néanmoins, une entreprise possède quelques stocks supplémentaires indéniables : le stock de sécurité, de même que le stock de réserve. Ce sont ces stocks supplémentaires qu’il sera nécessaire d’optimiser sans surstocker.
Le stock supplémentaire mal géré a un impact négatif sur l’entreprise. Il peut être sur le court terme et directement rectifié, ou il peut devenir plus important et durer au long terme si aucune solution logistique n’est trouvée rapidement. Ces derniers représenteront un coût élevé pour l’entreprise et auront des conséquences sur la croissance de l’entreprise à l’avenir.
Un stock supplémentaire mal optimisé peut être à l’origine de :
- coût évitable comme les dépenses liées à la maintenance du stock
- investissement inutile, notamment dans la logistique et le transport de ces produits
- opportunité manquée, car l’entreprise se concentre sur des stocks inutiles, ce qui l’empêche de saisir d’autres opportunités
Dans le cas où les produits en surstock deviendraient obsolètes, ils seront inévitablement inutiles. Ainsi, les produits à faible rotation et ceux à forte rotation sont affectés différemment.
Les produits à faible rotation entraînent des problèmes de fonds de roulement ainsi que des dépenses supplémentaires. Les produits à forte rotation annoncent des soucis liés à la trésorerie de l’entreprise.
Comment se crée le surstock de produits ?
Il est essentiel de comprendre l’origine du problème des stocks supplémentaires pour pouvoir mieux les optimiser. Une entreprise peut ainsi envisager plusieurs solutions grâce à son anticipation.
Par conséquent, le surstockage peut se produire dans les situations suivantes :
- Une palette de produits très large qui cause des troubles dans la planification
- Plus il y a de sites de stockage, plus il est facile de s’y perdre
- La tendance d’un produit qui s’essouffle et qui cause un excès de stock
- Une méthode de réapprovisionnement inefficace ou approximative
- Des articles en grande quantité et diversifiés
- Une demande irrégulière qui modifie ses comportements sur l’achat des produits
- Des articles souvent supprimés et remplacés avant la liquidation du stock
La moindre décision sur la logistique et le développement d’une entreprise va affecter les ventes sur un produit et en l’occurrence, le stock. Il faut être très attentif au stock supplémentaire des articles encore en vente, mais aussi des tendances actuelles pour éviter ce problème.
Comment repérer un surstockage ?
Certains signes avant-coureurs annoncent un stock supplémentaire non maîtrisé à l’avenir pour l’entreprise. Voici les signes précurseurs d’une mauvaise gestion du stock supplémentaire.
Des fonds de roulement sous pression
Le fonds de roulement d’une entreprise représente la somme dont elle dispose pour payer ses employés, fournisseurs, etc, avant d’être rémunérée par les clients.
Un surstock affecte directement le fonds de roulement de l’organisation, car il y a une augmentation des différents investissements sans faire des ventes supplémentaires. Les collaborateurs qui travaillent au sein du service financier de l’entreprise vont analyser la liquidité de la société pour savoir si l’entreprise peut honorer ses obligations avec ses fonds de roulement.
Des entrepôts surchargés
L’accumulation de produits qui ne font pas partie des ventes va engendrer une contrainte d’espace au sein des entrepôts de stockage. Cette accumulation de produits doit rapidement alerter les entreprises.
Dans de nombreux cas, cette accumulation non prévue est visible rapidement par les salariés. Notamment si les produits prennent de plus en plus de place dans l’espace de stockage et s’il n’y a plus de place pour ranger les nouveaux produits.
Des KPI’s peu performants
Le KPI supply chain permet de connaître en détail les performances d’une entreprise en termes de logistique. Les salariés gestionnaires de stocks constatent une diminution de leurs indicateurs clés de performance (KPI) de surstockage. On pense aux KPI’s la valeur des stocks par rapport à la rotation des stocks.
Avant que la situation empire, il faut appliquer quelques solutions pour optimiser le stock supplémentaire.
Entretenir de bonnes relations avec les fournisseurs
Pour optimiser son stockage, l’un des points clés est d’entretenir une relation responsable et fiable avec ses fournisseurs. En effet, cela vous permettra d’avoir une meilleure réactivité dans le passage de vos commandes et vous saurez également que la livraison sera rapide.
Il est donc nécessaire de trouver des solutions en amont avec votre fournisseur pour vous mettre d’accord sur une solution. De cette manière, vous pourrez régler un problème plus simplement si cela arrive. C’est aussi un moyen d’avoir plus de contrôle sur la situation, et en conséquence, plus de sécurité sur le pilotage de vos stocks.
La méthode de stockage ABC
Pour réduire le coût de stockage et pas seulement, appliquez des méthodes logistiques adaptées, comme l’analyse ABC.
L’objectif de l’analyse ABC est de catégoriser les articles par ordre d’importance. La catégorie A représente les produits avec le plus de valeur et qui nécessitent une surveillance plus accrue. Tandis que la catégorie C représente les articles qui ont le moins de valeur.
Une entreprise peut choisir de classer ces produits en fonction de leur valeur monétaire ou compte tenu du nombre de ventes.
Grâce à cette solution, une entreprise va plus facilement et plus rapidement avoir accès à ces articles, et ainsi gagner en productivité, notamment sur les produits les plus vendus. Cela optimise le flux de marchandises pour une meilleure gestion des stocks.
Gérer son stock : les différentes méthodes existantes
Pour éviter d’avoir des problèmes de surstockage qui peuvent conduire à des situations délicates pour l’entreprise, le mieux est d’opter pour une méthode et de suivre celle-ci sur le long terme. Il existe plusieurs options, et chacune possède ses avantages et ses inconvénients. C’est donc à vous de choisir celle qui vous correspondra le mieux et qui vous semble la plus adaptée au fonctionnement actuel de votre société. Il est aussi possible d’utiliser plusieurs méthodes de façon complémentaire.
La gestion des stocks avec la méthode Just-In-Time
L’une des premières solutions est la méthode JIT, elle consiste à maintenir les stocks des produits au niveau minimum de stockage prévu. Lorsque ce seuil est atteint, un réapprovisionnement est alors réalisé pour permettre d’avoir assez de produits le temps que la livraison de la commande soit effectuée.
L’avantage lié à cette méthode est principalement le fait que les coûts de stockage sont réduits. De plus, une diminution des pertes a lieu au cas où un produit perdrait toute sa demande. Cependant, cela peut se transformer en rupture de stock si le produit est encore en forte demande et que ce dernier est écoulé. S’il y a un retard de livraison de la part des fournisseurs, cela peut entraîner une perte d’argent pour la société qui ne peut plus proposer les articles en question sur le temps de réception.
Cette méthode reste la plus efficace, mais également la plus dure à mettre en place, car elle nécessite d’être constamment vigilant quant à la quantité de produits dans les entrepôts, et à la communication avec les fournisseurs. Mais, lorsque l’on y parvient, l’entreprise peut alors avoir un stock supplémentaire en s’assurant que cela ne crée aucun surstockage.
Un approvisionnement à date et à quantité fixe
Une façon de maintenir ses niveaux de stocks à un taux optimal est de réaliser des commandes à une date précise et avec une quantité précise. La fréquence est définie pour répondre aux besoins de l’activité de l’entreprise, et éviter la rupture.
C’est une méthode assez classique, mais qui peut engendrer du surstock si l’écoulement n’est pas suffisant. C’est pourquoi, il faut être très vigilant et avoir une échéance de livraison qui correspond au mieux à l’activité et à la vente d’une gamme.
Le réapprovisionnement continu, un stockage automatisé
Ce que l’on appelle réapprovisionnement continu est sans doute la méthode la plus efficace. Cependant, elle nécessite d’avoir une attention et une surveillance constante à propos des niveaux de stock. En effet, cette méthode est basée sur le fait que lorsque le stock d’une gamme ou d’un produit atteint un seuil minimal, qui est donné en amont, le restockage se fait de manière automatique.
De cette manière, votre entreprise pourra considérablement réduire les risques liés à la rupture des stocks. Mais, cela engendre des coûts importants sur la logistique et sur le système de pilotage des stocks.
D’autres méthodes pour optimiser les stocks supplémentaires
Pour vous garantir une bonne gestion de production, appliquez également ces méthodes au sein de votre entreprise.
Utiliser un outil WMS
Connaissez-vous les systèmes de gestion d’entrepôt appelés WMS ? Ce sont des logiciels qui assurent de prévoir les besoins précis d’un stock compte tenu de la demande et des différentes caractéristiques.
La société en question optimise alors son flux de travail et évite le surstockage. Cet outil assure aussi de prévoir le meilleur emplacement pour chaque produit stocké, dans le but d’anticiper son itinéraire picking.
La méthode du point de commande
Le point de commande est un point qui est décidé et qui correspond à des niveaux. Lorsque ces niveaux sont atteints, cela signifie qu’il est nécessaire de passer une nouvelle commande. Elle se différencie de la méthode précédente par le fait qu’ici, on parle d’un point clé et non d’un seuil. Passer des commandes groupées est également plus intéressant, et grâce à cette solution, vous pouvez programmer la livraison des articles en même temps, ce qui va baisser le prix par la même occasion.
Les principaux avantages de cette option sont la facilité pour une entreprise de maintenir des niveaux de stocks constants grâce à un contrôle régulier des niveaux. Cependant, pour que cette méthode soit efficace, il est nécessaire que la quantité d’articles soit en adéquation avec la capacité de stockage pour ne pas entrer dans un surstock.
Les solutions liées à la surveillance de l’activité et de l’écoulement des stocks permettent de mieux optimiser la livraison. Il faut cependant avoir une bonne base de données avec un détail précis du nombre de produits afin d’avoir le plus d’informations possible.